L’appel de l’Iran, le poème de l’orient.

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  • le 22 novembre 2017

L’appel de l’Iran, le poème de l’orient.

C’est un article particulier, un article sur un pays où je n’ai jamais mis les pieds, mais qui me fascine depuis des années : l’Iran.

Dans les années 70, c’était une des étapes sur la route de Katmandou.

Fin des années 90, je travaillais en agence de voyages, et sur une unique brochure, apparaissait un circuit en Iran. Irrésistible attirance et retour en grâce d’une région du monde où plus personne ne mettaient les pieds.

En Inde, les Parsi, tout droit venus d’Iran et installés majoritairement à Bombay attiraient ma curiosité. Ils pratiquent le zoroastrisme, et leurs funérailles ont encore lieu sur des tours du silence.

On peut réprimer la politique qui sévit là-bas, refuser de porter le voile en tant que femme, mais Il n’y a pas de mauvais endroits quand on voyage pour rencontrer les gens.

Tout visiteur doit être capable de faire la différence entre les citoyens d’un pays et son gouvernement. Il est donc légitime de voyager dans un pays dont on n’approuve pas la politique, ne serait-ce que pour rencontrer ce peuple qui, la plupart du temps ne fait que subir. Et le peuple iranien est généreux, attachant, cultivé et paradoxal.

Rencontre avec Nathalie Lefèvre, directrice de Radio médecine douce, auteure, conférencière et coach en amour de soi. 

Son visage racé et son port de tête altier, lui donne des airs de princesse orientale. Iranienne par son père, elle m’avoue que son visage est devenu plus typé au fil des ans, comme si ses racines devaient remonter. Une lettre écrite au retour de son premier voyage m’a touchée, moi,  l’européenne libre. Cette lettre s’intitule « lettre à Sayan »

J’ai donc voulu l’interroger sur ce voyage, cette plongée dans le miroir. Elle m’a parlé de la femme iranienne, de la délicatesse de l’art iranien, de son amour pour cette culture, de ce pays de lettrés raffinés et accueillants.

Quels ont été tes premiers souvenirs de l’Iran ?

« Longtemps, je n’y ai pas prêté attention. Hormis le norouz ( nouvel an iranien), que nous fêtions chaque année avec mon père, je ne me souviens pas d’autres fêtes et je n’ai pas appris la langue. Mon père a vécu un tel traumatisme en s’exilant après la révolution qu’il me parlait peu de son pays. Mon voyage,  l’an dernier,  accompagnée par une amie, m’a ouvert les yeux sur cette part iranienne. J’ai pu me rapprocher de mon père. Le plus amusant est que dès l’aéroport, on m’a parlé iranien, j’ai été reconnue comme une enfant du pays. »

Comment s’est passé ton voyage ?

« Je suis partie avec une amie. Voyager seule ou entre femmes n’est pas un problème là-bas, les gens prennent soin de vous. Accueillies à notre arrivée chez un ami de mon père à Téhéran, nous avons été considérées comme les filles de la famille. Nous sommes restées à Téhéran où Sayan (la fille de mon hôte) nous a présentées à ses amis. Nous avons pu échanger avec la jeunesse iranienne. Puis, nous sommes allées à Ispahan. J’ai adoré cet endroit. C’est la ville du raffinement. L’art m’a bouleversée, les mosquées et palais des mille et une nuits, les volutes bleues des coupoles, les jardins, tout resplendit de poésie. Pour les futurs voyageurs, prenez le pouls du pays et rester vous -même en respectant les codes. Dans la rue, si nous portions des voiles trop couvrants, les femmes nous le faisaient remarquer, nous n’avions pas à nous cacher inutilement. C’était notre chance»

Parle nous de la jeunesse iranienne et des femmes ?

« Le pays évolue. Encore trop lentement pour Sayan, 35 ans, qui vit chez ses parents car elle n’est pas mariée et ne compte pas l’être. Deux types d’iraniennes s’affrontent, les conservatrices et les autres, plus libres qu’on reconnait aux foulards portés très bas couvrant à peine les cheveux.  Les femmes ont le droit de fumer dans la rue, mais n’ont pas le droit d’enlever leur voile dans les lieux publics. Les femmes iraniennes sont très maquillées, aucune ne sortira le visage nu, sans artifice. Elles se rejettent, elles se teignent en blonde, modifient leur visage et leur corps à coups de bistouri. Les chirurgiens esthétiques prolifèrent. Elles sont dans un tel désir de perfection. Je souhaite traduire mon livre « c’est décidé, je m’épouse » ( parution mai 2018) en perse et le présenter là-bas. C’est un livre qui parle de l’amour de soi, elles ont besoin de ce reconnecter à cet  amour. Elles souffrent de ne pas avoir de choix, le choix de boire un verre librement dans la rue, de porter le voile, ou de vivre seule.

Le matriarcat est dissimulé, dans le foyer, ce sont elles qui dirigent. Les femmes sont fortes, ce sont souvent elles qui manifestaient au moment de la révolution.

La jeunesse, elle, est effrontée. Le rap iranien, à fond dans les voitures, nous sommes allées fumer le narguilé dans les montagnes. Ils savent contourner les lois pour se retrouver. Une jeunesse frondeuse qui invente sans cesse, instagram est leur roi et le selfie leur couronne »

Quel mot résumerait ce pays ?

« Deux mots : Générosité et coeur ouvert. Les iraniens sont touchants, serviables, débrouillards « à l’iranienne » et ont un grand sang froid. Jamais ils ne perdent la face. On peut bien sûr visiter l’Iran pour ses villes musées, mais c’est son peuple qui fait l’atout de ce voyage. »

Quelques repères

Le nouvel an iranien, le norouz se fête le 21 mars. En Iran, on fait un bon dans le temps, les Perses sont en l’an1396 !

Attention, l’anglais n’est pas courant. Le langage des signes fonctionne à merveille.

Ispahan, Shiraz, Persépolis, les terres zoroastriennes, les caravansérails, tant de noms qui émerveillent.

Paris : centre culturel Iranien : Pouya 48, quai de Gemmages 75010 Paris

Lectures

Passeport à l’iranienne de Nahal Tajadod, cette intellectuelle qui vit en France a dû retourner dans son pays pour refaire son passeport… Une épopée entre agacement et tendresse.

Les pintades en Iran : un guide très girly écrit par une journaliste française installée là-bas. Les pintades sont le titre de la collection.

Derrière les portes closes Stephan Orth, ce journaliste allemand a parcouru l’Iran en coachsurfing. Pratique totalement illégale mais qui lui permis de « lever des voiles »

Persepolis Marjane Satrapi la BD qui raconte l’installation des ayatollahs et le changement radical de vie.

Iran 2017 un nouveau visage, hors série Le Monde

Rumi pour vibrer de toute la poésie d’un peuple.

Lettre à Sayan de Nathalie Lefevre (www.cestdecidejemepouse.com)

Sayan, ce matin, en quittant ton pays, celui qui t’a vue venir au monde, mes pensées sont pour toi.

Nous partageons nos origines, mais pas notre destinée. Aujourd’hui, je rentre dans un pays qui m’offre la liberté d’être une femme,. Qui m’en fait ressentir la bénédiction. Car, tu sais, Sayan, être une femme est une chance. Pour moi, sûrement plus que pour toi. Je connais ta détestation pour un pays qui tente souvent de te réduire et te soumettre. Je comprends ton envie de fuir au plus vite  une terre qui n’offre pas l’accès à la légèreté, la liberté. Sayan, je vois en toi une soeur. Nos traits sont semblables et nos envies communes. Tes blessures je les partage, tes aspirations je les entends. Sayan toute ma vie, j’ai refusé de baisser les yeux devant des hommes irrespectueux. Toute mon existence, j’ai été blessée devant la misogynie, l’intolérance, la soumission. Mais chaque jour, j’ai eu le choix. De leur dire non. De m’affirmer. D’être libre sans un homme ou d’être libre d’avoir besoin d’un homme. Chaque matin je peux choisir, si j’ai envie de me montrer dans ma féminité. Ou de m’enrouler dans un cocon de frilosité. Sayan ma soeur, sache que toutes les femmes libres n’ont pas conscience de l’être. Elles se soumettent au diktat, cette fois non religieux, mais de leurs propres conditionnements. Sayan grâce à toi en ce jour, j’affirme en moi que la liberté part du coeur, et s’affirme dans l’âme. Merci d’être un trésor que la vie n’a pas oublié mais dont le coffre semble un peu scellé. Je sais que tu trouveras la clef.

Et vous, où voulez-vous aller?


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